Des mots pour voir : images imaginaires


Participation, pour la première fois, de nos élèves à ce concours d'écriture international.

Participation des 3èmes B, C, D. Une lauréate : Natalia Ansieta Aracena


Violon et pipe, Braque 

  Violon cassé

  Ça vous est peut-être déjà arrivé. Un jour, vous êtes sûr de ce que vous voulez faire dans la vie mais, le lendemain, vous avez une perspective totalement différente.Prenons mon exemple : moi, mon rêve était de devenir le meilleur violoniste du monde. Je jouais jour et nuit. Et je progressais chaque jour. Je n’avais plus le temps d’aller voir mes amis. Même pas Martin. Je ne sortais jamais de la chambre de musique. Sauf pour faire mes petits besoins naturels, mais là n’est pas la question. Je veux en arriver au jour où tout cela changea.

Un après-midi comme tous les autres, je jouais du violon. Quand tout-à-coup, d’une  manière ou d’une autre, un livre brisa la fenêtre et, tel un météorite, se dirigea vers mon violon et le cassa en deux morceaux. J’étais resté planté où je me trouvais, stupéfait. Mais qui était le truand qui avait lancé ce bouquin ?! Je m’avançais vers ce livre et je lus sur la couverture : Comment réparer son violon… Ironique n’est ce pas ? « C’est une mauvaise blague ! », me dis-je. En m’approchant de la fenêtre, je vis des gens passer. Une dame, puis un homme avec une pipe et un petit chien. Impossible de savoir qui l’avait lancé !

Je l’ouvris alors à la première page :

Comment réparer son violon, Chapitre 1 :

Vous aurez besoin de papier journal pour couvrir le sol et ne pas l’abîmer, ainsi que d’un morceau de bois et, dernière chose, vous aurez aussi besoin de… « Mais... de quoi ?! », m’exclamai-je. Quelqu’un avait arraché la page suivante ! « Comment vais-je… » Mais ma phrase fut interrompue par un bruit sourd. Quelqu’un venait de lancer une pierre qui tomba à mes pieds. Je m’approchai de la fenêtre, et là je le vis : l’homme à la pipe, et ce chapeau qui lui cachait le visage. Et, dans sa main, la page arrachée du livre… qu’il me montra en l’agitant dans l’air !

Je sortis de chez moi en courant, et je le poursuivis pendant quelques minutes jusqu'à ce qu’il s’arrête en plein milieu d’un pré. J’étais essoufflé. Et je n’avais pas remarqué le ciel, qui était si beau ! C’était comme une toile bleue avec des taches de peinture blanche. La brise me caressait, et je ne m’étais jamais senti aussi libre de toute ma vie.

 « Enfin ! Il était temps que tu sortes de ce vieil appartement! », s’exclama l’homme. Il enleva le chapeau qui lui cachait le visage et je découvris avec surprise mon vieil ami… Martin, qui, avec son beau sourire, me rappela ce que c’était de vivre…

 

Daphné Hidalgo, 3C


« Avez-vous fini ?, demanda t-elle à son époux.

— Si vous continuez à me demander si j’ai fini toutes les deux minutes, c’est sûr que je finirai au XXle siècle !

— Allez, ne vous énervez pas de cette façon contre moi ! Si vous m’aviez laissé vous aider, on aurait finit depuis... ! » Un bruit les interrompit. Un cheval venait d’apparaître dans le tableau. Sur son dos, il y avait un homme qui portait un drôle de chapeau. À la façon dont il tenait le cheval, on voyait que c’était quelqu'un qu'il fallait respecter ; il incarnait une autorité et une admiration envers lui inimaginables. Antoine Laurent Lavoisier se leva d’un bond. Que faisait un homme comme lui dans son atelier ? La jeune femme se précipita vers le nouveau venu : « Napoléon !, s’exclama-t-elle. Que nous vaut le plaisir de votre présence ? Avez-vous de bonnes nouvelles à nous annoncer ? » Napoléon descendit de son cheval. C’était un homme très petit , l’autorité et le respect qu’on avait senti envers lui quelques instants auparavant avaient disparu. Jacques n’était point fâché. Au contraire, il se sentait honoré par sa présence, mais il savait parfaitement que sa visite dans son atelier ne signifierait pas de bonnes nouvelles. « Oh, Napoléon ! J'aimerais penser que vous êtes là pour nous féliciter pour nos études sur les gaz d’eau, mais malheureusement votre visite parmi nous ne peut signifier que des mauvaises nouvelles. — Vous avez raison, et je ne peux point dire le contraire. »  Il se tourna vers son cheval qui portait un sac sur lui. Quand il revint vers Lavoisier et sa femme, il tenait à la main un papier avec des lettres et des chiffres que Lavoisier ne put comprendre. Il commença à lire à voix haute :

            Madame et Monsieur,

             ce lundi 18 mai 2015 aura lieu le jour international des musées. C'est pour cette raison que nous allons ouvrir les portes 24 heures sur 24 à partir de…

            Soudain,quelque chose le fit se taire. C'était un bruit distinct, que tous dans le Métropolitain Muséum Of Art de New York connaissaient très bien : les portes étaient ouvertes.

            « Oh, mon dieu ! », s’exclama Marie Anne Pierrette.

            Napoléon se précipita sur son cheval.

            « Je suis ravi de vous avoir revus, mais il faut que j’aille mettre cette annonce à la réception avant que les visiteurs n'arrivent. »

            Le cheval s’éloignait de cadre en cadre.

            Marie Anne se tourna vers son époux :

            « Allez mon chéri , il faut se prépa... »

            Mais son époux ne l’écoutait plus. Il avait déjà sa plume d’oie à la main et analysait les résultats du baromètre.

            « Mais que faites-vous ? », lui demanda sa femme.

            — Ce que vous voyez ! Je ne compte pas laisser mes études de gaz d’eau incomplètes !

— Êtes vous donc devenu fou ? Les touristes peuvent arriver à tout moment ! Allez, levez-vous et venez sourire à mes côtés pour... »

            Elle ne finirait jamais sa phrase. Deux grands yeux fixaient le couple, puis quatre, puis dix... Une foule était entrée dans la salle pour voir le tableau de Jaques Louis David.

 

Natalia Ansieta, 3B